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Thibaut Garrivier, portrait d’un athlète pendant le confinement

Printemps 2020. Les sentiers se vident. Les dossards disparaissent. Thibaut Garrivier, lui, ne ralentit pas. À 29 ans, le traileur d’Annecy encaisse la nouvelle. Toutes les courses s’arrêtent. Mais l’entraînement continue.

Le confinement, un défi de plus pour un athlète de haut niveau

L’annonce tombe en mars. Confinement général. Plus de sorties en montagne. Plus de compétitions. Pour beaucoup, c’est la rupture. Pour Thibaut Garrivier, c’est un test. Il connaît déjà les coups durs. Le sport lui a appris la patience.

Il vit à Annecy. Les massifs sont à portée de vue. Mais impossible d’y accéder. L’isolement s’installe. Il faut garder la discipline. Alors chaque jour, il s’entraîne dans son salon. Une pièce trop petite pour courir. Il improvise. Question rhétorique : comment garder le rythme quand tout s’arrête ?

Cette période restreinte devient un laboratoire. Il réinvente sa routine. Le confinement ne casse pas son élan. Il le renforce.

Entraînement à domicile : les méthodes d’un champion

Le confinement impose des séances courtes. Fini les sorties de trois heures. Thibaut Garrivier adapte. Il mise sur l’intensité et le renforcement musculaire. Son objectif : ne rien perdre physiquement, garder un mental d’acier.

Des séances courtes mais intenses

Dans un espace réduit, impossible de faire du volume. Il remplace le fond par du fractionné. Des séries de squats, de fentes, de gainage. Il utilise des élastiques, une corde à sauter, un tapis simple. La régularité prime sur la distance.

Voici ce qu’il répète plusieurs fois par semaine :

  • 🦵 Séries de fentes et squats avec élastiques
  • ⏱️ Fractionné sur place : 30 secondes d’effort, 30 secondes de repos
  • 🧱 Gainage statique : planches, obliques, abdos
  • 🔁 Corde à sauter par intervalles de 2 minutes
  • 🧗 Montées de genoux et talons-fesses pour la fréquence

Chaque séance dure 40 à 50 minutes. Pas plus. L’important reste le rythme cardiaque. Thibaut Garrivier note tout dans un carnet. Il vérifie ses progrès. Rien au hasard. 💪

La motivation dans l’isolement

Le plus dur n’est pas physique. C’est mental. Pas de groupe, pas de staff, personne pour pousser. La motivation doit venir de l’intérieur. Le médecin radiologue travaille en parallèle. Il sent la pression du monde hospitalier. Courir, même sur place, devient son exutoire.

Il se fixe des objectifs imaginaires. Il visualise les montées de la Transvulcania, course remportée en 2019. Il imagine les sensations de course. Cette discipline du mental paiera. Le confinement devient une préparation invisible.

Cette routine solitaire forge un champion. La preuve ? Les mois qui suivent.

Un médecin sur le front, un athlète en résistance

Pendant que la France s’arrête, lui continue d’aller à l’hôpital. Thibaut Garrivier est médecin radiologue. Il enchaîne les journées longues. Certaines semaines, il cumule 85 heures de travail. La fatigue s’accumule. Mais le sport lui offre une respiration.

Se lever à 5 heures pour courir avant la garde. S’allonger sur le tapis après une journée de soins. Chaque geste compte. Chaque effort construit un mental solide. Son corps de sportif résiste à l’épuisement. Son esprit tient grâce au mouvement.

L’isolement devient un allié. Pas de dérangement, pas de compromis. Cette période l’oblige à s’écouter. À trouver des ressources inexploitées. Thibaut Garrivier transforme la contrainte en force. C’est cela, la résilience.

La résilience récompensée : de la Transvulcania à la CCC

Le confinement ne dure pas. Les courses reviennent. Thibaut Garrivier revient plus fort. En 2021, il remporte la CCC, l’épreuve reine de l’UTMB. Une victoire qui marque son entrée dans le cercle des grands.

Pourtant, rien n’était écrit. En 2019, il s’était révélé sur la Transvulcania. Cette course de 73 km sur l’île de La Palma. Première place au scratch. Puis 2020, l’année blanche. Beaucoup l’auraient vécue comme une cassure. Lui en a fait un tremplin.

Sa victoire sur la CCC, en 10h23, reste un moment fort. La montée finale, la fatigue, la joie. Toute la résilience accumulée pendant l’isolement ressort. Il devient le symbole d’une génération qui n’a rien lâché.

Cette victoire résonne encore en 2026. Elle explique son appétit pour les défis.

Un portrait marqué par le travail et l’humilité

Né à Avranches, grandi à Gap, Thibaut Garrivier n’oublie pas ses racines. Il débute par le ski de fond avant de basculer dans le trail. Il enchaîne les clubs : L’Isle-sur-Sorgue, Entente Sud Lyonnais, puis Annecy. Son 10 km en 33’24 » reste un très bon repère. Son semi-marathon à 1h12’31 » aussi.

Les titres ne lui tournent pas la tête. Médaille d’or par équipes aux Championnats du monde 2023, médaille d’argent en 2022. Il reste simple. Le travail avant tout. La course après. Médecin, sportif, compétiteur. Il cumule les casquettes et assume chaque rôle.

Thibaut Garrivier incarne une certaine idée du sport. Pas de paillettes, pas d’esbroufe. Juste du travail, de la patience, et beaucoup d’amour pour le jeu. Confinement ou pas, il avance. C’est ça, être un athlète.

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